Le voyageur attaqué par les bandits : vitrail du Bon Samaritain de la cathédrale de Notre-Dame de Chartres (XIIIe siècle). Photo Wikimedia Commons
Diaconie
Le mot “diaconie” vient du grec diakonia, qui signifie “service”, “assistance” ou “aide“.
Service d'assistance :
Il s'agit de l'institution qui organise la charité et l'aide envers les plus démunis, tant les pauvres que les malades, dans une perspective chrétienne.
Application de l'Évangile :
C'est une manière concrète de mettre en œuvre l'Évangile de Jésus-Christ, en se portant au service des personnes et de la société.
Témoignage communautaire :
La diaconie est une expression de l'amour du prochain exercée de manière communautaire et ordonnée, contribuant au développement des liens communautaires.
Dimanches solidaires, 2021-2024
Lancés en 2021, les Dimanches solidaires ont pour mission de confectionner des repas chauds les dimanches à midi en hiver, d’aménager un lieu de repos pour une courte sieste, de fournir des produits d’hygiène et de soin de première nécessité, ainsi que des vêtements chauds.
Une équipe d’environ 65 bénévoles, presque tous ayant une activité professionnelle à 100% dans un domaine différent du social, a su se mettre à disposition, dimanche après dimanche, des personnes dans le besoin. Une équipe de nos paroissiens laïques et pastoraux, des amis, les scouts de la CCLP, des voisins, toutes religions confondues, croyants ou athées, s’est formée presque spontanément.
Cette activité s’est étendue des mois de février à mai, avec la distribution, à chaque saison, de plus de 2'700 repas et une quantité énorme de produits de première nécessité et de vêtements.
Les « Dimanches solidaires » de Sainte-Clotilde
Espérance et charité
Dimanche 3 mars 2024, midi : c’est l’heure de passer à table à la paroisse Sainte-Clotilde, à La Jonction, en face de l’ancien site des Services Industriels de Genève, les SIG sur lequel, depuis quelques années, ont été bâtis par une coopérative, des immeubles locatifs plutôt cossus. Le cimetière des Rois où reposent des personnalités du « tout Genève » les jouxtent. Sur la vaste esplanade qui fait face à l’église se croisent les fidèles de la Communauté de langue portugaise Nossa Senhora de Fátima qui sortent de la messe et une foule disparate d’hommes, de femmes et d’enfants dont beaucoup traînent un chariot à commissions qui fait office de valise. Des sans-abris, sans-papiers, sans argent, des jeunes et des vieux, qui tous vivent dans la précarité. Le dimanche, les centres commerciaux où l’on peut se réchauffer et se protéger des intempéries pour une heure ou deux sont fermés. Il leur faut donc errer dans la ville toute la journée avant, pour les plus chanceux, de regagner pour la nuit un centre d’hébergement et, pour les autres, un gîte de fortune. Disciplinée, cette foule se met peu à peu en rang sur la voie balisée par des flèches marquées au sol, qui conduit à l’entrée de la cure. Il fait plutôt beau mais la bise, hostile, souffle fort.
Les bénévoles de la paroisse, reconnaissables à leurs gilets et T-Shirts rouges marqués « Staff Sainte-Clotilde », les encadrent. Cette cohorte commence alors à entrer lentement dans la cure d’où s’échappent des effluves revigorants de cuisine. A l’intérieur, dans la grande salle des fêtes qui se trouve à l’entresol, ils s’installent, les uns après les autres, autour de la quinzaine de tables pour huit personnes où va leur être servi un copieux repas chaud. Le ballet des « gilets rouges » débute. Au menu, salades, mets carnés et végétariens, desserts se succèdent. La brigade des bénévoles de cuisine menée par Jean-Noël Golay, le secrétaire général de la paroisse, s’active dans la bonne humeur. Tout est fin prêt. Il faut dire que la confection des différents mets a débuté le jeudi précédent, par l’achat des victuailles, puis le vendredi et samedi au cours desquels sont confectionnés les plats. En effet, entre 300 et 500 repas, à déguster sur place ou à l’emporter, sont servis chaque dimanche, de janvier à fin-mars ou début avril, selon les conditions météo. L’organisation est donc bien rôdée. Dans le vaste auditoire, la brigade des bénévoles de salle est aux petits soins pour les convives. Après s’être restaurés, les bénéficiaires pourront même prendre du repos, étendus sur des transats, avant de repartir, les derniers vers 16 heures. Les « gilets rouges », pour leur part, ne quitteront les lieux que vers 19 heures ou 20 heures, après avoir remis en ordre la cuisine et la salle pour le dimanche suivant. Un nouveau « Dimanche solidaire ».
C’est en pleine crise de Covid que, sous l’impulsion de Sandra Golay, présidente de la paroisse Sainte-Clotilde et de son conseil, les « Dimanches solidaires » sont nés en 2021. L’isolement de ceux qui étaient déjà bien isolés de la société s’est encore accru. Genève connaissait bien sûr ses requérants d’asile qui faisaient déjà partie du paysage depuis passablement de temps. Elle découvrit alors ses « pauvres ». Ce fut, il faut bien le dire, un choc. D’où cette initiative paroissiale qui fut et reste encore marquante. Elle s’inscrivait dans le cadre de l’action d’assistance matérielle aux plus démunis – vêtements, produits d’hygiène, etc. - lancée au printemps 2020, à l’arrivée du Covid.
En février 2022 la guerre éclatait en Ukraine. L’opération « Dimanches solidaires » gagna en ampleur avec l’arrivée d’Ukrainiens fuyant leur patrie. Elle fut doublée par une action en faveur de la population civile ukrainienne à laquelle la paroisse Sainte-Clotilde fit parvenir du matériel médical et para-médical, des vivres, des vêtements ainsi que des produits de première nécessité. A ce jour, plus de 1'500 tonnes d’aide d’urgence ont été acheminées par camions, tout d’abord aux frontières polonaise et moldave de l’Ukraine, puis à l’intérieur même du pays dans les zones de guerre. Cette opération se poursuit encore aujourd’hui et l’on compte nombre d’Ukrainiens et d’Ukrainiennes devenus eux-mêmes bénévoles de la paroisse. Fraternité et solidarité ne sont donc pas de vains mots.
Les « Dimanches solidaires » de Sainte-Clotilde se veulent être un signe d’espérance par ces temps troublés auxquels nous n’étions ni vraiment préparés, ni vraiment conscients d’y être un jour confrontés. Un signe d’espérance pour les démunis mais également un signe d’espérance pour la paroisse, ses bénévoles et la nuée de donateurs qui l’ont soutenue. Et de quoi peut-on avoir le plus besoin, tous autant que nous sommes, sinon d’espérance ?
La tradition de la pratique de la charité n’était pas une inconnue à la paroisse. A l’aube du siècle dernier, peu après l’inauguration de l’église de Sainte-Clotilde dans ce qui était alors un quartier ouvrier pauvre, les paroissiens et paroissiennes, emmenés par leurs curés, venaient en aide aux familles nécessiteuses, créèrent un atelier où furent confectionnés des vêtements pour les démunis, ouvrirent une « classe gardienne » dans laquelle les enfants étaient reçus après les heures d'école, et faisaient leurs devoirs avant de rentrer au foyer. Puis une crèche fut aussi ouverte (elle existe toujours et s’est, depuis, bien agrandie !), des colonies de vacances en France voisine furent organisées et des actions missionnaires lancées à l’étranger.
Cette tradition de la charité a trouvé un nouveau souffle à Sainte-Clotilde et, comme on dit, « cela fait un bien fou ». Comme l’a écrit Chateaubriand, un auteur français du XVIIIème siècle, « le christianisme, toujours d’accord avec les cœurs, ne commande point des vertus abstraites et solitaires, mais des vertus tirées de nos besoins et utiles à tous. Il a placé la Charité comme un puits d’abondance dans les déserts de la vie. »
Sandra Golay, présidente du Conseil de la Paroisse de Sainte-Clotilde
Assistance à la population civile de l’Ukraine (2022-2025)
La Paroisse, en association avec la Caravane Sans Frontières, a lancé une opération de secours d’urgence à la population ukrainienne à la suite du déclenchement des hostilités russes le 24 février 2022.
Cette opération a débuté le dimanche 26 février 2022 et se poursuit à ce jour.
Au cours de cette période la Paroisse de Sainte-Clotilde et la Caravane Sans Frontières ont lancé un appel aux dons sur les réseaux sociaux particulièrement pour demander du matériel médical et des biens de première nécessité auprès de la population genevoise et de la Suisse romande.
La Mission permanente de l’Ukraine auprès des Organisations internationales à Genève a vite aiguillé les donateurs qui se sont manifestés chez eux vers Sainte-Clotilde à la Jonction. Ainsi la paroisse a pu accueillir les dons, les entreposer, les trier, les conditionner et les acheminer auprès de la population ukrainienne. La Caravane Sans Frontières a ouvert divers postes de récolte en Suisse romande.
Entre le 27 février 2022 et le 30 juin 2025, près de 1’000 tonnes de matériel médical, médicaments, matériel de survie (sacs de couchage, tentes, comprimés pour décontamination de l’eau, lampes, piles, « smartphones », etc.), vivres, vêtements, produits d’hygiène pour enfants et adultes, ont été acheminés en Ukraine pour la majeure partie, et à la frontière avec la Pologne et la Moldavie. Ceci par des transports financés principalement par Sainte-Clotilde et la Caravane Sans Frontières mais également par d’autres convois gracieusement offerts par des partenaires privés.
Cette opération a pu être réalisée grâce à l’appui de près de 420 bénévoles réunis par la Paroisse de Sainte-Clotilde et la Caravane Sans Frontières, qui se sont relayés jour et nuit pour entreposer, trier, emballer, charger et même transporter les biens reçus. L’appui de la société VEDIA SA qui a mis à disposition des locaux pour entreposer les dons et également celui des pompiers de Genève, ont été un atout majeur dans le succès de cette action. Le soutien inconditionnel du Colonel Jean-François Duchosal a été indispensable pour assurer la sécurité de nos bénévoles et des donations.
Activités sociales
Cours de gym douce chaque semaine, hors vacances scolaires, à la cure.
Soutien scolaire avec l’Association des Enfants du Parc, les mardis et les mercredis. Encadrement de 10 enfants par 5 membres de Sainte-Clotilde et 5 membres de l’association Enfants du Parc.
Cours de français pour adultes, tous les jeudis, à la cure.
Cours de claquettes pour enfants-ados, 10 mercredis.
Soutien administratif et social, sur rendez-vous.
Photos Enfants du Parc
RedWeek 2024
Du 15 au 24 novembre 2024, la paroisse a organisé la RedWeek destinée à attirer l'attention sur la persécution des chrétiens dans le monde. 350 millions de chrétiens dans le monde vivent dans un environnement où ils sont persécutés, discriminés ou empêchés de pratiquer librement leur foi. Pour attirer l’attention sur cette situation dramatique, la Fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse a lancé l’action RedWeek, la « Semaine rouge ». Pour ce faire, tout autour du monde, des églises ainsi que des bâtiments publics célèbres sont chaque année illuminés en rouge.
A cette occasion les façades des églises de Sainte-Clotilde et du Sacré-Coeur, ainsi que celle de l’Eglise arménienne, à Troinex, qui s’est associée à cette action internationale, ont été parées de rouge. Des rencontres avec le Père Albert Kousbe, de l’Eglise du Burkina Faso, le Père Ivan Tolic, de la Paroisse Saint Apôtre Andre Protoklite, Eglise orthodoxe serbe de Genève et Madame Lerna Bagdian, de l’Eglise arménienne Saint-Hagop, à Genève, Troinex, ont eu lieu à la paroisse durant cette période.
La Redweek 2025 aura lieu du 14 au 23 novembre, voir page Evénements.
Photo Aide à l’Eglise en Détresse
RedWeek 2025
350 millions de chrétiens persécutés et discriminés dans le monde
Du 14 au 24 novembre 2025, les églises catholiques romaines de Sainte-Clotilde – La Jonction, du Sacré-Coeur – Plainpalais, ainsi que l’Eglise arménienne, Troinex, seront parées de rouge pour attirer l'attention sur la persécution des chrétiens dans le monde.
350 millions de chrétiens dans le monde vivent dans un environnement où ils sont persécutés, discriminés ou empêchés de pratiquer librement leur foi. Pour attirer l’attention sur cette situation dramatique, la Fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse a lancé l’action RedWeek, la « Semaine rouge ». Cette année, elle aura lieu du 14 au 24 novembre 2025. Dans le monde entier des églises ainsi que des bâtiments publics célèbres seront une nouvelle fois cette année illuminés en rouge.
Accueil de la communauté chaldéenne de Genève à Sainte-Clotilde
A cette occasion, la paroisse catholique romaine de Sainte-Clotilde a accueilli l’abbé Naseem Asmaroo, prêtre de la Mission chaldéenne en Suisse romande, ainsi que des membres de la communauté chaldéenne de Genève, le samedi 22 novembre 2025. L’Abbé Asmaroo a présenté la situation des chrétiens en Irak. Cette présentation a été suivie d'une messe à l'église Sainte-Clotilde et d'un temps de convivialité.
Pétition internationale pour la liberté religieuse
Par ailleurs Aide à l'Eglise en détresse a lancé une pétition internationale La liberté religieuse n’est pas un privilège, c’est un droit humain, destinée aux institutions internationales et aux gouvernements démocratiques, en faveur de la protection et de la promotion, de toute urgence, du droit fondamental à la liberté de pensée, de conscience et de religion, partout dans le monde.
Cette pétition leur demande de condamner publiquement toutes les formes de persécution religieuse; de faire de la liberté religieuse une priorité dans leur politique étrangère et leurs relations diplomatiques ; d'appliquer des mesures appropriées à l’encontre des régimes qui violent de manière répétée ce droit fondamental ; et de prendre des mesures concrètes, notamment des initiatives éducatives et juridiques, pour prévenir les violations, assurer la protection effective de ce droit et promouvoir le développement socio-économique des minorités religieuses. Cette pétition peut être signée sur le site web de Aide à l'Eglise en Détresse international : www.acninternational.org/fr/petition.
Le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion en train de disparaître dans de nombreux pays
La discrimination, la menace et la persécution sont aujourd'hui encore une réalité. Dans environ 62 Etats – près d’un tiers des pays du monde - le libre exercice de la religion est limité ou brutalement empêché. Près de 5,2 milliards de personnes vivent dans ces pays. Cela représente les deux tiers de la population mondiale. Tel est le constat accablant du dernier Rapport sur la liberté religieuse dans le monde, publié par Aide à l’Eglise en Détresse. Violations de la liberté religieuse, discriminations et persécutions touchent les membres de toutes les religions. Le plus fréquemment, ce sont les chrétiens qui en sont les victimes. Dans de nombreux pays, en tant que minorité, les chrétiens n'ont pas de défenseurs sur le plan politique. « Le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion – protégé par l’article 18 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme – n’est pas seulement menacé, il est en train de disparaître dans de nombreux pays », a averti Regina Lynch, présidente exécutive d’Aide à l'Eglise en Détresse International.
Photos de la Redweek 2025 à l’église Sainte- Clotilde. Messe concélébrée par M. L’Abbé Miguel Dalla Vecchia, curé modérateur de Sainte-Clotilde, et M. l’Abbé Naseem Asmaroo, prêtre de la communauté chaldéenne en Suisse.
L’Abbé Naseem Asmaroo, prêtre de la communauté chaldéenne en Suisse, et l’Abbé Miguel Dalla Vecchia, curé modérateur de Sainte-Clotilde.
Conférence « Racines et Espérance », 2024
Une conférence pour le soutien des Chrétiens d’Orient a eu lieu le 27 février 2024, à UNI MAIL, à l'initiative de la paroisse. Elle a réuni Fabrice Hadjad, philosophe, Tigran Yegavian, diplômé de Sciences-Po, Paris, membre et de l'Institut des langues et civilisations orientales et chercheur à l'Institut Chrétiens d'Orient, le Fr. Erik Ross, dominicain, Genève, et l'évêque Jules Boutros, de l'Eglise patriarcale d'Antioche des Syriens, Liban. La conférence était organisée par l’association des familles catholiques de Genève. La paroisse a apporté son soutien financier à cette conférence en mettant à disposition de l’association un budget de 2'500.- CHF. Par ailleurs, le groupe scout de la Communauté catholique de langue portugaise a participé à l’organisation de l’événement.
Photo Aide à l’Eglise en Détresse - France
L'évêque Jules Boutros, de l'Eglise patriarcale d'Antioche des Syriens, Liban. Photo Aide à l’Eglise en Détresse-France
Cinquantième anniversaire de la mort du cardinal genevois Charles Journet (1891-1975)
Charles Journet, un théologien engagé dans les combats de son temps
Conférence du Professeur Philippe Chenaux (voir la vidéo sur YouTube)
14 novembre 2025, Paroisse du Sacré-Coeur, Genève
Le Genevois Charles Journet a été, avec son ami le philosophe Jacques Maritain, l'une des grandes voix de la résistance intellectuelle et spirituelle aux totalitarismes. À travers ses écrits et son enseignement, le théologien suisse s'est engagé courageusement dans les combats du « siècle des idéologies » au nom de la défense de la dignité de la personne humaine.
Des polémiques antiprotestantes après la Première Guerre mondiale aux interventions dans le débat conciliaire à Vatican II, en passant par son engagement contre l'antisémitisme et l'oppression totalitaire dans les années 1930 et 1940, sans oublier les suspicions dont il fut l'objet de la part des autorités vaticanes au milieu du siècle dernier, c'est une « biographie intellectuelle et politique » du théologien que l'historien Philippe Chenaux offre à la curiosité des lecteurs à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa disparition.
À partir de ses écrits et des nombreuses archives disponibles, l'auteur éclaire le cheminement d'une conscience chrétienne restée constamment en alerte face aux défis de son temps. Il permet aussi de mieux connaître cette figure marquante du XXe siècle dont les intuitions profondes sont encore trop souvent ignorées. Charles Journet nous rappelle, entre autres, quelle est la vocation du théologien : non pas seulement d'approfondir la doctrine de la foi, mais aussi d'en témoigner dans les affaires du monde, afin de rendre celui-ci meilleur, plus conforme aux valeurs de l'Évangile.
Portrait de Charles Journet par Armand Niquille, 1965. Fondation Armand Niquille Wikimedia Commons
Jacques Maritain (1882-1973), philosophe et écrivain français. France, vers 1930. Photo Wikimedia Commons
Introduction
Mesdames et Messieurs, en vos fonctions, titres et qualités,
L'Unité pastorale Cardinal-Journet vous souhaite la bienvenue en cette salle des fêtes de la paroisse du Sacré-Coeur à l'occasion de la conférence que va prononcer Monsieur Philippe Chenaux, professeur émérite d'histoire de l'Église moderne et contemporaine à l'université du Latran, à Rome. Le titre de cette conférence reprend celui de son récent livre, Charles Journet, un théologien engagé dans les combats de son temps, paru aux éditions Desclée De Brouwer, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort du cardinal.
L'Unité pastorale Cardinal-Journet, qui est constituée de la paroisse du Sacré-Coeur et de la paroisse de Sainte-Clotilde, à La Jonction, ne pouvait ignorer cet anniversaire que nous célébrons par cette conférence au Sacré-Coeur où Charles Journet fut vicaire. Nous remercions donc vivement le Professeur Philippe Chenaux d'avoir bien voulu répondre favorablement à notre invitation, et d'être venu de Rome pour évoquer devant nous la figure du cardinal.
Avant de lui donner la parole, il nous plaira de souligner que Charles Journet fut baptisé à la paroisse du Sacré-Coeur. Il y fit sa première communion le 11 juin 1903, jeudi de la Fête-Dieu, et reçut la confirmation le lendemain.
Charles et sa soeur Marie fréquentèrent l’Ecole primaire du Grütli, devenue Maison des arts du Grütli entre 1987 et 1989, à côté du Sacré-Coeur. Charles y était régulièrement le premier de classe – ce sera une constante dans presque toute sa vie d’étudiant. Puis il entra au Collège de Genève. Avec ses parents il vécut dans le quartier de La Jonction, à l'angle de la rue des Bains et du boulevard Carl-Vogt.
Pascal Gondrand
Présentation du Professeur Philippe Chenaux
Philippe Chenaux est docteur en histoire contemporaine, Université de Genève (1989), et titulaire d'une habilitation à diriger des recherches, Université Paris IV-Sorbonne (1998).
Il a été assistant, puis maître-assistant en histoire contemporaine à l’Université de Genève (1988-1994) ; Junior Fellow à l'Université catholique de Louvain (Katholieke Universiteit Leuven) (1994-1995) ; professeur invité en histoire de l’Eglise à l’Université de Fribourg (1996-1997) ; professeur associé en histoire contemporaine à l’Université d’Artois (1995-1998) ; professeur en histoire de l’Eglise moderne et contemporaine à l’Université pontificale du Latran (1998-2022).
Ses domaines de recherche sont principalement l'histoire de la papauté contemporaine, l'histoire du concile Vatican II, ainsi que histoire intellectuelle du catholicisme des 19ème et 20ème siècles.
Il est notamment l'auteur de Une Europe vaticane ? Entre le Plan Marshall et les Traités de Rome (1990) ; Entre Maurras et Maritain. Une génération intellectuelle catholique (1920-1930), (1999) ; Pie XII. Diplomate et pasteur, Paris (2003) ; L’Eglise catholique et le communisme en Europe (1917-1989); De Lénine à Jean-Paul II (2009) ; Le concile Vatican II (2012) ; Paul VI. Le souverain éclairé (2015). La fin de l’antijudaïsme chrétien. L’Eglise catholique et les juifs de la Révolution française au concile Vatican II (2023).
Philippe Chenaux est membre du Comité scientifique de la Fondation Charles Journet (depuis 2012).
Il est également l'auteur de Un parcours d’historien – Des Falaises de la Sarine aux bords du Tibre, paru en 2024 (Editions Saint-Augustin).
Dans ce livre, il a ainsi décrit la démarche qui l'a conduit à l'écrire :
« L’envie d’écrire mon ego-histoire, autrement dit d’expliciter le lien entre l’histoire qu’on a faite et l’histoire qui vous a fait, s’est imposée à moi avec la force de l’évidence à la suite d’un accident de santé durant l’été 2022. Au-delà de ma propre histoire, c’est l’histoire d’une famille d’esprit, thomiste et dominicaine, que je voudrais tenter de raconter à travers le récit de mon itinéraire, celle des amis et disciples de Jacques Maritain (1882-1973) et de Charles Journet (1891-1975), en ces années où nous commémorons le cinquantième anniversaire de leur disparition et le sept cent cinquantième anniversaire de celle de leur maître commun, saint Thomas d’Aquin (1225-1274). »
La première partie de cet ouvrage se présente comme une esquisse d’autobiographie intellectuelle. La deuxième donne à lire, comme en écho à ce parcours de vie et de recherche, les lettres inédites que l’auteur a reçues de Pierre-Marie Emonet, un religieux dominicain qui fut son professeur de philosophie au Collège Saint-Michel à Fribourg et dont l’influence marqua des générations d’élèves. La troisième élargit la perspective en proposant au lecteur un bouquet d’études, revues et mises à jour, sur des figures et des lieux qui ont marqué la vie du catholicisme en Suisse romande aux 19e et 20e siècles.
Le Professeur Philippe Chenaux.